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Entretien avec Barjo & Cie

Entretien avec Barjo & Cie

Barthélémy Manias, Johann Fourrière et Julie Querre, de Barjo & Cie, ont répété la semaine du 11 janvier à La Vénerie, Espace Delvaux. Ils entament leur deuxième création, Bas les Pattes, un spectacle de danse pour les enfants allant de la 3ème maternelle à la 2ème primaire qui parle des émotions, de la communication et des animaux.

Nous les avons rencontrés afin d’échanger quelques mots sur leur nouveau spectacle.

 

Q: Comment est né ce projet?

R: Bas les pattes est né il y a un an, un an et demi.
On a commencé à réfléchir sur les animaux, un thème qui nous plait et qui parle aussi aux enfants. Comment font-ils pour communiquer, pour s’exprimer, interagir?
On les a étudiés – on a lu des livres, on a vu des documentaires, on est allés les voir en vrai – et on s’est fait un imaginaire sur eux. On a également parcouru les citations qui mettent en scènes des animaux, qui leur prêtent des sentiments et des intentions – “malin comme un singe”, “têtu comme un âne”, “tête de linotte” si on est mal réveillé, on est un ours…Ce sont des images qui ont souvent basées sur les émotions et la communication.

Tout comme le reste des animaux, les êtres humains ont aussi un langage corporel non-verbal ! Cependant, nous l’avons un peu gommé, pour passer au langage verbal, qui prend de plus en plus de place dans notre société. Pour nous, qui sommes danseurs, c’est important de passer par le corps, par le mouvement, ainsi que de faire comprendre aux jeunes enfants qu’avec le corps, on exprime déjà beaucoup de choses, et qu’on peut se faire comprendre facilement.
Il n’y a pas la barrière de la langue, et pourtant on arrive à communiquer et à vivre ensemble rien que par ce que notre corps exprime.

On s’inspire donc du bestiaire animalier mais on reste trois humains sur scène dans des situations de la vie de tous les jours, qui nous rendent heureux, en colère, tristes, etc.

 

Q: Quelle est votre façon de travailler? Le spectacle est-il écrit à l’avance où est-ce que vous faites de l’écriture de plateau?

R: Il y a de tout. Parfois, on fait des séances d’improvisation sur de la musique où on se laisse emporter, on se donne comme thème une seule émotion, un animal ou famille d’animaux, et on essaye de voir ce qui en ressort.

D’autres fois, on a des situations définies en tête et on essaye de voir comment est-ce qu’on peut réagir dans ces situations-là, de les construire, de les chorégraphier. On ne cherche pas à simplement imiter les animaux mais de s’en détacher, de donner quelque chose d’un peu bizarre, propre à une autre personne que nous mais pas à un animal…


Q: Vous vous adressez à un public très particulier, les jeunes enfants. Qu’est-ce qui est à prendre en compte lorsque vous imaginez et jouez un spectacle pour ce genre de spectateur.ice.s?

R: En fonction du public, le spectacle peut être plus ou moins long! Il y a une écoute sur scène entre danseurs mais il y a aussi une écoute de la salle. Lorsqu’on joue devant un public, une réaction déterminée peut nous amener à étirer une scène, ou, au contraire, à mettre en place de mécanismes pour les rattraper car on sent qu’ils n’accrochent pas.

Pendant l’étape de création du spectacle, on organise des moments de rencontre avec les enfants pour tester des choses devant eux, voir ce qui marche et ce qui ne marche pas, ce qui leur parle, dans quel sens on peut aller et jusqu’où, quelle longueur, quand est-ce qu’il fait “switcher”… L’idée étant d’échanger avec eux pour ensuite faire quelque chose qui nous tient à cœur et qui puisse leur tenir à cœur aussi, qui leur donne envie, soit de voir autre chose, soit d’en parler, de prolonger le thème après le spectacle.

Q: Vous prévoyez des rencontres après les spectacles?

R: Oui! Comme souvent dans le jeune public, il y a de notre part la volonté et la possibilité de faire des sensibilisations et ateliers en amont ou en aval du spectacle.
Si pendant la période de création on travaille avec une école pour qui on joue des étapes de travail, pendant la période de représentations on est sollicités par les écoles pour organiser des ateliers autour des thèmes abordés dans le spectacle, où nous échangeons de tout et de rien, de nos inspirations, de leurs ressentis…

Q: C’est important d’avoir des retours d’enfants, et pas que des adultes !

R: Oui, parce qu’on a des attentes de leurs réactions et parfois on est surpris du résultat ! Et même, quand le public d’enfants change, les réactions changent aussi, il faut donc être perméable et à l’écoute. C’est aussi ce qui est chouette dans ce type de créations.

Ils sont tellement dans l’instant présent, ils vont réagir à ce moment la, et si on leur parle pas tout de suite, ils vont oublier…Parfois ça va plus tard ressortir dans la journée, parfois dans la semaine d’après, voire encore après, et nous on sera plus là pour y répondre !

 

Bas les Pattes se joue le 27 et 28 avril 2021 à la Maison de la création lors du Mini D festival.